L’Irish Coffee dans tous ses états

C

ocktail emblématique, l’Irish Coffee revient en douceur (et en force). La cafémania dans l’air du temps y est pour beaucoup, mais les twists contemporains de ce cocktail par certains barmen y participent aussi.

Histoire, rencontre avec le barman Nir Chouchana, et idées de pairing desserts.

Once upon a time, l’Irish coffee

Créé en Irlande durant la Seconde Guerre mondiale, l’Irish Coffee est le cocktail incontournable des amateurs de café et de whiskey. Pour la petite histoire, ce nectar était servi aux militaires durant leurs longs vols transatlantiques.
C’est dans les années 50 que l’Irish Coffee débarque aux États-Unis et que sa recette, qui mêle whiskey, sirop de sucre et du café bien chaud, commence à se démocratiser. Comme beaucoup de cocktails classiques, il existe aujourd’hui de nombreuses variantes de l’Irish Coffee. Et l’essor des cafés haut de gamme, éthiopien, colombien, brésilien, jamaïcain, indien… multiplie les saveurs, entre douceur, acidité, amertume et fruité.

 

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Pour en savoir plus, nous en avons discuté avec Nir Chouchana, vainqueur du Championnat de France du café en 2014, dans la catégorie « Coffee in Good Spirits ». C’est simple, lorsque l’on a gouté son Irish Coffee, on s’est dit que l’on n’avait jamais gouté un véritable Irish Coffee de notre vie. Entretien et déclaration d’amour.

Nir, on vous le dit tout de suite : votre Irish Coffee, on l’aime ! Pourquoi cette passion pour cette boisson ?
Nir : Parce que j’aime les boissons chaudes et réconfortantes. Parce que j’aime le café, et toutes ses notes. Et en mixologie, j’ai à cœur de marier des arômes, des saveurs, de créer des équilibres subtils entre les ingrédients pour faire des cocktails dont on se souvient d’une façon ou d’une autre.
Mais pourquoi l’Irish Coffee ?
Nir : Parce qu’en mixologie comme en gastronomie, pour bien créer il faut connaître ses classiques. Et l’Irish Coffee en est un grand.

Le secret ? Le choc thermique ! Il faut associer un café très chaud (ne jamais chauffer le whisky ou le sucre) à une crème très froide, non sucrée, shakée à la dernière minute

Le café connait un regain de popularité. Côté Irish Coffee, peut-on raconter des histoires différentes en utilisant des cafés d’origines et de notes différentes ? Si oui, pouvez-vous nous donner quelques exemples ?
Nir : Complétement ! Vous savez, encore une fois, en cocktail comme en cuisine : 1 + 1 = 3 ! La rencontre des notes et des arômes de deux ingrédients n’est pas une somme de saveurs, mais une troisième saveur en soi. Prenez par exemple un café kenyan – avec sa pointe d’acidité caractéristique de la cultivation en altitude, ses notes florales et fruitées -, mariez-le avec un whisky légèrement boisé ayant une touche d’acidité en début de bouche, et vous avez un Irish Coffee aux notes végétales, à la fois chaud et frais en bouche. Autre mariage délicat : un café brésilien qui tire vers le toffee, le cacao voire le chocolat au lait, et un whisky fumé aux arômes boisés. Vous aurez un Irish Coffee tout en rondeur et en moelleux, les notes chocolatées du café venant apaiser la puissance du whisky vieilli.

Si l’Irish Coffee accompagnait un dessert lequel serait-il ?
Nir : On a tendance à croire que l’Irish Coffee pourrait être un dessert en soi. Peut-être. Mais moi, j’aime le savourer avec un Opéra, riche en chocolat ! Le truc, c’est de veiller à servir un Irish Coffee peu sucré (utilisez pour cela du sucre muscovado par exemple), et en petite quantité afin de ne pas avoir une sensation satiété. Un petit Irish Coffee en somme. Cette association gastronomique marie divinement : textures (moelleux, crémeux, fondant, croquant) et saveurs (café, chocolat, praliné).

Hidden track 😉 Le secret d’un Irish Coffee réussi ?
Nir : Le choc thermique ! Il faut associer un café très chaud (ne jamais chauffer le whisky ou le sucre) à une crème très froide, non sucrée, shakée à la dernière minute. Le but c’est que le café vienne réchauffer tendrement le whisky et le sucre, et qu’en bouche l’on retrouve ce chaud-froid. Et dernière chose, si vous le pouvez, préférez un café en méthode douce (extraire son café lentement à l’aide d’un filtre, en anglais le « slow coffee ») et à un expresso, souvent très puissant.

Publié le : 15 avril 2019 - Temps de lecture : 3 minutes
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